« Sgt. Pepper at 50 » : Liverpool s’anime

Maintes fois désigné meilleur album de tous les temps, Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band a récemment fêté son cinquantième anniversaire. Liverpool se devait de lui rendre hommage

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Novembre 1966. Les Beatles officiellement un terme à toutes leurs tournées. De retour en studio, ils sont bien décidés à changer la face de la musique populaire. Cinq mois plus tard, Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band était né.

Figure de proue du psychédélisme, le huitième album des Beatles fêtait son cinquantième anniversaire en juin dernier. A cette occasion, la ville de Liverpool a mis les petits plats dans les grands et a organisé des festivités d’une envergure qui demeurera probablement inégalée.

Inscrit dans le cadre des célébrations commémorant l’été le plus célèbre de l’histoire de la musique, « Sgt. Pepper at 50 : Heading For Home » a vu débarquer à Liverpool plus d’une centaine d’artistes, de poètes, de vidéastes, de danseurs et d’acteurs pour treize jours au cours desquels concerts, spectacles, installations et autres performances se sont succédées pour le plus grand bonheur de plusieurs milliers de foyers.

It was fifty years ago today…

A peine Liverpool s’est-elle réveillée que les premières mesures de « Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band » s’échappent de toutes les fenêtres, annonçant le début de festivités hors du commun.

« C’est vraiment formidable de voir notre ville natale se réunir pour célébrer la sortie de Sgt. Pepper. C’est touchant de voir l’importance qu’à cet album pour les gens après toutes ces années, » a déclaré Paul McCartney lors du lancement de « Sgt. Pepper at 50 ». « Les Beatles font la fierté de Liverpool, » a ajouté le maire de la ville, Joe Anderson. « Célébrer leur génie grâce à des œuvres d’art inédites contribue à renforcer l’image de capitale de la culture de notre ville. »

Picture yourself in a boat on a river…

Un éclair doré zèbre le ciel de Liverpool. Les artificiers français du réputé Groupe F se sont inspirés de « Lucy in the Sky with Diamonds » pour ouvrir une spectaculaire faille récréative au-dessus de la rivière Mersey. Sur la rive, de gigantesques sculptures lumineuses brouillent la frontière entre rêve et réalité.

Profitant du BBC Music Day, « Sgt. Pepper at 50 » se poursuit sur les mythiques docks de la ville, où l’on célèbre la diversité de la scène musicale liverpudlienne le temps d’une journée. La radio britannique a également organisé « When I’m Sixty-Four : A poem to the future », offrant à treize jeunes poètes l’opportunité de partager leurs réflexions sur l’avenir, et réunissant soixante-quatre chorales pour reprendre le classique de Paul McCartney.

Inspiré par la plus matinale des chansons figurant sur Sgt. Pepper Lonely Hearts Club Band, « Early Birds : Good Morning Good Morning » a par la suite étendu le rayon d’action de ces surprenantes célébrations en prenant possession de plusieurs salles d’exposition disséminées aux quatre coins de la ville pour y organiser des récitals, des conférences ainsi qu’une lecture du classique d’Herman Melville, Moby Dick, réalisé par l’acteur liverpudlien et ex-Docteur, Paul McGann.

Evènement d’envergure oblige, deux jours ont été dédiés à l’organisation de deux kermesses pour le moins originales. Si le musicien indien multi-récompensé Pandit Vishua Mohan Bhatt a pris a pris possession du monumental St. George Hall pour célébrer la passion de George Harrison pour la musique orientale, le musicien expérimental John Cage s’est installé au champ de courses d’Aintree, suivi d’une étrange cohorte de musiciens, de poètes et d’artistes de cirque, vraisemblablement menés par un certain Mr Kite.

Les amateurs de performances scéniques plus classiques ont également pu (re)découvrir Sgt. Pepper à travers un ballet interprété par la compagnie Mark Morris, ainsi qu’une pièce de théâtre itinérante sur le thème du foyer, inspirée par « She’s Leaving Home ».

I’d love to turn you on…

Non contente d’organiser concerts et performances scéniques uniques, la ville de Liverpool a également laisser le champ libre à des artistes plasticiens et vidéastes de grand talent.

Ainsi, Frank Cottrell Boyce a réalisé un documentaire sur le rapport particulier des Liverpudliens à la culture en seulement vingt-quatre heures, le jour-anniversaire de la sortie de Sgt. Pepper. Le compositeur et auteur Paul D. Miller s’est quant à lui interrogé sur l’état de notre société et a créé une installation audiovisuelle bardée de nouvelles technologies, exposée à la Fondation pour les Arts et Technologies Créatives, en centre-ville.

Grand nom du cabaret burlesque, Meow Meow a plus tard pris la tête d’une procession reliant les deux cathédrales de la ville, avant d’inaugurer une exposition rassemblant plusieurs mannequins dénudés baignés dans une lumière métallique, desquels s’échappent plusieurs témoignages de contractuelles récoltés par l’artiste. Conçues comme un hommage à l’immortelle « Lovely Rita », ces œuvres étonnamment désincarnées ont de quoi surprendre. Mais Sgt. Pepper n’avait-il pas désarçonné plus d’un fan lors de sa sortie ?

Attaché à la dimension universelle de Sgt. Pepper, l’artiste visuel Jeremy Deller a lui réalisé deux commissions examinant la nature de l’amitié et du don de soi, dont une campagne d’affichage reprenant la charte graphique de « War Is Over (If You Want It) » intitulée « Brian Epstein died for you ». Icône du féminisme, la peintre américaine a quant à elle réalisé la plus grande fresque de sa carrière sur la paroi d’un silo à grains désaffecté trônant sur les docks. Patchwork bigarré créé en partenariat avec la TATE Liverpool, elle est sensée évoquer la chanson « Fixing a Hole ». Une chose est sûre, elle comble un trou béant dans le ciel de Liverpool.

Treize œuvres. Il n’y avait probablement pas de meilleure manière de rendre hommage à l’un des albums les plus importants de la musique populaire, tout en rappelant à tous pour quelles raisons Liverpool a été nommée capitale européenne de la culture en 2008. Moins d’un mois après s’être portée candidate à l’organisation des Jeux du Commonwealth, la ville portuaire prouve, s’il le fallait, que rien ne l’effraie.

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